Veuillez vous assurer que Javascript est activé aux fins d'accessibilité au site web. MBS américains : Fannie et Freddie sont-ils prêts à être privatisés ? – Janus Henderson Investors – Conseiller professionnel Suisse (FR)
Pour les investisseurs qualifiés en Suisse

MBS américains : Fannie et Freddie sont-ils prêts à être privatisés ?

Nos gérants John Kerschner, Nick Childs et Thomas Polus étudient la probabilité d’une privatisation de Fannie Mae et Freddie Mac.

John Kerschner, CFA

Responsable des produits titrisés américains | Gérant de portefeuille


Nick Childs, CFA

Responsable de la gestion obligataire quantitative et structurée | Gérant


Thomas Polus, CFA

Gérant de portefeuille adjoint | Analyste Produits Titrisés


6 février 2025
7 minutes de lecture

Principaux points à retenir :​

  • À la suite d’un appel du Président Trump à libérer Fannie Mae et Freddie Mac du contrôle du gouvernement, J.P. Morgan a réalisé une enquête auprès des investisseurs en MBS, dont près de 70 % s’attendent à ce que la privatisation ait lieu au cours des huit prochaines années. En revanche, seulement 26 % ont déclaré que la privatisation ne verrait jamais le jour.
  • En évaluant la probabilité d’une privatisation et ses répercussions possibles, nous examinons ce que la privatisation pourrait coûter, qui paierait pour elle et comment le gouvernement américain pourrait gérer la question des garanties sur les titres d’agences.
  • Compte tenu des nombreux problèmes et complexités de cette privatisation, nous pensons qu’il est très peu probable que Fannie Mae et Freddie Mac sortent de leur tutelle à court et moyen terme.

La question de la privatisation de Fannie Mae et Freddie Mac – deux entités soutenues par le gouvernement (« government sponsored entities » ou GSE) qui achètent des prêts hypothécaires et les transforment en titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) – a récemment été au centre des débats lorsque le Président Trump a appelé à l'abandon de leur contrôle par le gouvernement.

Ces deux sociétés sont sous tutelle depuis 2008, à la suite de leur sauvetage par le gouvernement américain en plein effondrement du marché du logement.

À la suite d’un appel du Président Trump à libérer Fannie Mae et Freddie Mac du contrôle du gouvernement, J.P. Morgan a réalisé une enquête auprès des investisseurs en MBS, dont près de 70 % s’attendent à ce que la privatisation ait lieu au cours des huit prochaines années. Seulement un quart d'entre eux ont déclaré que la privatisation ne verrait jamais le jour.

Selon nous, la privatisation des entités soutenues par le gouvernement est une question complexe aux implications financières, économiques et politiques considérables. Au cœur de cette problématique se trouvent deux questions clés :

1. Combien coûterait la privatisation et qui paierait pour elle ?
2. Comment le gouvernement des États-Unis gérerait-il la question des garanties sur les MBS d’agences ?

Nous allons répondre à ces deux questions en détail afin de vous donner une idée de la situation.

1. Combien coûterait la privatisation et qui paierait pour elle ?

Lorsque le gouvernement américain a renfloué Fannie et Freddie en 2008, il a effectivement pris une participation dans ces sociétés par le biais d’un accord d’achat d’actions privilégiées de premier rang (« senior preferred stock purchase agreement » ou SPSPA).

En quelques mots, le SPSPA veille à ce que toute augmentation non distribuée de la valeur des GSE équivaut à une augmentation de la valeur de la participation du contribuable américain dans ces sociétés.

En 2019 et 2021, des modifications ont été apportées au SPSPA qui ont permis aux GSE de commencer à conserver du capital. Il s’agissait d’une étape importante vers une éventuelle privatisation. Cependant, l’accord stipulait également qu’à mesure que les réserves de capital de Fannie et Freddie augmentaient, les montants dus au Trésor américain pour rembourser les contribuables américains augmentaient également.

Depuis les changements apportés au SPSPA, la valeur nette cumulée de Fannie et Freddie est passée de 23 milliards de dollars en 2018 à près de 147 milliards de dollars en 2024.

À ces niveaux de valorisation, nous estimons que le capital nécessaire pour privatiser les GSE (y compris le capital « tampon ») est d’environ 280 milliards de dollars. Compte tenu du taux actuel des bénéfices cumulés de 20 à 25 milliards de dollars par an, il faudrait cinq à sept ans pour faire croître organiquement leurs réserves afin qu'elles atteignent les niveaux requis pour la privatisation.

Au lieu d’attendre que leurs réserves soient constituées, les GSE pourraient lever des capitaux par le biais d’une introduction en bourse. Cependant, le montant de capital à lever lors d'une introduction en bourse rendrait cette tâche très difficile. Même si les GSE attendaient deux ans avant de procéder à une introduction en bourse, nous pensons qu’elles auraient besoin de lever environ 75 à 80 milliards de dollars de capitaux, soit 2,5 fois plus que la plus grande introduction en bourse de l'histoire (Saudi Aramco en 2019 avec 29 milliards de dollars) – soit un chiffre pour le moins colossal.

Deuxième difficulté, même si les GSE parviennent à lever les capitaux nécessaires, elles ne peuvent pas être privatisées sans gérer en premier lieu les actions privilégiées du Trésor. Selon Freddie Mac :

Conformément au contrat d’achat d’actions privilégiées de premier rang (SPSPA), tant que les actions privilégiées de premier rang ne sont remboursées ou rachetées en totalité, Freddie Mac ne peut pas, sans le consentement écrit préalable du Trésor, racheter, acheter, retirer ou acquérir des titres de participation de Freddie Mac (autres que les actions privilégiées de premier rang ou les warrants).

La valeur actuelle estimée de la position du Trésor est proche de 340 milliards de dollars, et les GSE exigeraient que cette position soit annulée. À notre avis, l’annulation d'une valeur de 340 milliards de dollars dus au contribuable américain serait politiquement délicate. C'est pourquoi la privatisation nous semble peu probable, même si elle n’est pas impossible.

2. Comment le gouvernement américain traiterait-il la question des garanties sur les MBS ?

Alors que les investisseurs en actions peuvent être plus intéressés par les implications en termes de capital de la privatisation, les investisseurs dans les MBS d’agences se concentrent probablement sur la garantie publique, ou le filet de sécurité, des titres d’agences.

Selon nous, si les GSE venaient à être privatisées, une garantie explicite du gouvernement sur les MBS émis par Fannie et Freddie – c’est ainsi que le marché interprète actuellement ce soutien – serait le moyen le plus simple de fournir ce filet de sécurité.

Une garantie explicite évite aux investisseurs de tenir compte du risque de crédit des pools de MBS, ce qui leur permet de se concentrer sur la duration et la convexité. Bien que cela semble être la méthode la plus simple, nous pensons qu’il serait très difficile de faire adopter une garantie explicite par le Congrès.

Une deuxième option consisterait à modéliser la situation implicite actuelle conjointement avec un engagement de financement de la part du Trésor. Bien qu’il s’agisse plutôt d’une approche intermédiaire, nous pensons que cette option sera également difficile à faire adopter par le Congrès.

La dernière option consisterait à privatiser les GSE sans garantie gouvernementale. Selon nous, il s’agit de la pire option, et de la moins probable, pour les raisons suivantes :

  • Le lancement de l’Uniform Mortgage-Backed Security (UMBS) en 2019 a permis de regrouper et de livrer des pools de prêts hypothécaires Fannie et Freddie. Une privatisation se heurterait à des obstacles juridiques et opérationnels en cas d’événement de crédit obligeant les GSE à absorber des pertes sur ces instruments. Nous pensons que Fannie et Freddie devraient peut-être fusionner avant d'être privatisés, ce qui constitue un autre obstacle important.
  • La perte par Fannie et Freddie du statut d’entités soutenues par le gouvernement entraînerait probablement la mise à l’écart de certains acheteurs, tels que les banques (en fonction de leurs exigences de fonds propres), les clients étrangers et les acheteurs institutionnels.
  • Se pose aussi la question de savoir si la Réserve fédérale serait autorisée à détenir des MBS non garantis dans son bilan.
  • En l’absence de toute garantie, nous nous attendrions à une flambée des taux hypothécaires à 30 ans, ce qui serait politiquement préjudiciable à un moment où l'accessibilité au logement est déjà très faible.
  • Des problèmes de liquidité pourraient affecter les titres TBA (contrats d'achat ou de vente de titres adossés à des prêts hypothécaires à une date donnée) en période de tensions sur les marchés, ce qui serait dommageable à la fois pour le marché du logement et le marché des MBS d’agences de 10 000 milliards de dollars.
  • Enfin, sans le soutien du gouvernement, les gestionnaires d’actifs exigeraient un spread plus élevé sur la garantie de Fannie et Freddie par rapport à la garantie explicite offerte sur les titres de Ginnie Mae.

Conclusion

Alors qu’une garantie explicite est probablement vouée à l'échec sur le plan politique, un scénario sans garantie serait probablement un échec pour les investisseurs. En outre, les exigences de fonds propres et les questions relatives aux actions privilégiées de premier rang du Trésor constituent des obstacles importants à la privatisation.

Ainsi, compte tenu des nombreux problèmes et complexités décrits ci-dessus, nous pensons qu’il est très peu probable que Fannie Mae et Freddie Mac sortent de leur tutelle à court et moyen terme, avec peu ou pas d’impact sur les marchés des MBS.

Le spread de crédit est la différence de rendement entre des titres de même échéance, mais de qualité de crédit différente. En règle générale, un élargissement du spread traduit une dégradation de la qualité de la signature des entreprises emprunteuses, tandis qu’un resserrement du spread est le signe d’une amélioration de la qualité de la signature.

La duration mesure la sensibilité des obligations aux variations des taux d’intérêt. Plus la duration d’une obligation est élevée, plus celle-ci est sensible aux variations des taux d’intérêt et vice versa.

Informations importantes

Les produits dérivés peuvent être plus volatils et sensibles aux variations économiques ou boursières que les autres investissements, ce qui peut entraîner des pertes excédant l'investissement initial et amplifiées par l'effet de levier.

Les titres obligataires sont soumis aux risques de taux d’intérêt, d’inflation, de crédit et de défaut. Le marché obligataire est volatil. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le prix des obligations baisse généralement, et vice versa. Le remboursement du capital n’est pas garanti et les prix peuvent baisser si un émetteur n’honore pas ses paiements en temps voulu ou si sa solidité financière se détériore.

Titre adossé à des créances hypothécaires (MBS) : titre garanti par (ou « adossé » à) un ensemble de créances hypothécaires. Les investisseurs reçoivent des versements périodiques générés par les prêts immobiliers sous-jacents, similaires aux coupons des obligations.Les titres adossés à des créances hypothécaires peuvent être plus sensibles aux variations des taux d'intérêt. Ils sont exposés au risque de prolongement, lorsque les emprunteurs prolongent la durée de leurs hypothèques alors que les taux d’intérêt augmentent, et au risque de remboursement anticipé lorsque les emprunteurs remboursent leurs hypothèques plus tôt que prévu alors que les taux d'intérêt diminuent.Ces risques peuvent diminuer leurs performances.

Les produits titrisés, tels que les titres adossés à des créances hypothécaires, sont plus sensibles aux variations de taux d'intérêt, présentent un risque d'extension et de remboursement anticipé et sont soumis à des risques de crédit, de valorisation et de liquidité plus importants que les autres titres obligataires.

Les opinions exprimées sont celles de l'auteur au moment de la publication et peuvent différer de celles d'autres personnes/équipes de Janus Henderson Investors. Les références faites à des titres individuels ne constituent pas une recommandation d'achat, de vente ou de détention d'un titre, d'une stratégie d'investissement ou d'un secteur de marché, et ne doivent pas être considérées comme rentables. Janus Henderson Investors, son conseiller affilié ou ses employés peuvent avoir une position dans les titres mentionnés.

 

Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Toutes les données de performance tiennent compte du revenu, des gains et des pertes en capital mais n'incluent pas les frais récurrents ou les autres dépenses du fonds.

 

Les informations contenues dans cet article ne constituent pas une recommandation d'investissement.

 

Il n'y a aucune garantie que les tendances passées se poursuivront ou que les prévisions se réaliseront.

 

Communication Publicitaire.

 

Glossaire

 

 

 

Informations importantes :

Veuillez consulter, ci-dessous, les informations importantes relatives aux fonds visés dans cet article.

Janus Henderson Capital Funds Plc est un OPCVM établi conformément à la législation irlandaise, avec une responsabilité séparée entre les fonds. Nous rappelons aux investisseurs qu'ils doivent uniquement baser leurs décisions d'investissement sur le Prospectus le plus récent qui contient les informations relatives aux frais, aux charges et aux risques, qui peut être obtenu auprès de tous les distributeurs et agents payeurs/agent de facilités il est important de bien en prendre connaissance. Ce document est une communication promotionnelle. Veuillez vous reporter au prospectus de l'OPCVM et au DICI avant de prendre toute décision finale d'investissement. Il est possible qu'un investissement dans le fonds ne convienne pas à l'ensemble des investisseurs et qu'il ne soit pas accessible à tous les investisseurs dans toutes les juridictions; il n'est pas disponible pour les personnes des Etats-Unis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le taux de rendement peut varier et la valeur principale d'un investissement peut fluctuer en fonction de l'évolution des taux de change et du marché. Il est possible que la valeur des actions, lors de leur cession, soit supérieure ou inférieure à leur coût d'origine. Ce document n'est pas une sollicitation pour la vente d'actions et aucune des informations qu'il contient n'est destinée à être un conseil d'investissement. Janus Henderson Investors Europe S.A. peut décider de mettre fin aux modalités de commercialisation de cet Organisme de Placement Collectif conformément à la réglementation en vigueur.
    Risques spécifiques
  • L’émetteur d’une obligation (ou d’un instrument du marché monétaire) peut devenir incapable ou refuser de payer les intérêts ou de rembourser le capital au Fonds. Si tel est le cas ou si le marché considère cette éventualité comme pertinente, la valeur de l’obligation chutera.
  • Lorsque les taux d’intérêt augmentent (ou baissent), le cours des différents titres sera influencé de différentes manières. Plus particulièrement, la valeur des obligations baisse généralement lorsque les taux d’intérêt augmentent. Ce risque est généralement corrélé à l’échéance de l’investissement dans l’obligation.
  • Le Fonds investit dans des obligations à haut rendement (non « investment grade ») qui offrent généralement des taux d’intérêt plus élevés que les obligations de type « investment grade », mais qui sont plus spéculatives et plus sensibles aux changements défavorables des conditions du marché.
  • Certaines obligations (obligations remboursables par anticipation) donnent à leurs émetteurs le droit de rembourser le capital par anticipation ou de prolonger l’échéance. Les émetteurs peuvent exercer ces droits lorsqu’ils sont favorables, ce qui peut avoir une incidence sur la valeur du fonds.
  • Un Fonds fortement exposé à une région géographique ou à un pays donné implique des risques plus importants qu’un Fonds plus largement diversifié.
  • Le Fonds peut avoir recours à des instruments dérivés dans le but de réaliser ses objectifs d’investissement. Cela peut générer un « effet de levier », qui peut amplifier les résultats d’un investissement, et les gains ou les pertes pour le Fonds peuvent être supérieurs au coût de l’instrument dérivé. Les instruments dérivés présentent également d’autres risques, et en particulier celui qu’une contrepartie à un instrument dérivé ne respecte pas ses obligations contractuelles.
  • Lorsque le Fonds, ou une catégorie d’actions/de parts couverte, vise à atténuer les fluctuations de change d’une devise par rapport à la devise de référence, la stratégie elle-même peut créer un impact positif ou négatif relativement à la valeur du Fonds en raison des différences de taux d’intérêt à court terme entre les devises.
  • Les titres du Fonds peuvent devenir difficiles à valoriser ou à céder au prix ou au moment désiré, surtout dans des conditions de marché extrêmes où les prix des actifs peuvent chuter, ce qui augmente le risque de pertes sur investissements.
  • Le Fonds peut encourager un niveau supérieur de coûts de transaction consécutivement à un investissement sur des marchés négociés moins activement ou moins développés par rapport à un fonds qui investit sur des marchés plus actifs / plus développés.
  • Tout ou partie des frais courants peuvent être prélevés sur le capital, ce qui peut éroder le capital ou réduire le potentiel de croissance du capital.
  • Le Fonds peut perdre de l’argent si une contrepartie avec laquelle le Fonds négocié ne veut ou ne peut plus honorer ses obligations, ou en raison d’un échec ou d’un retard dans les processus opérationnels ou de la défaillance d’un fournisseur tiers.
  • Outre le revenu, cette catégorie d’actions peut distribuer des plus-values réalisées et non réalisées en plus du capital initialement investi. Les frais, charges et dépenses sont également déduits du capital. Les deux facteurs peuvent se traduire par une érosion du capital et un potentiel réduit de croissance du capital. Les investisseurs sont également informés que les distributions de cette nature peuvent être considérées (et imposables) en tant que revenu en fonction de la législation fiscale locale.